Notre petit bonhomme de chemin pour concevoir ce qui devrait être si simple: un bébé. Mais aussi, un défouloir, une soupape, un endroit pour confier mes mots et mes maux.....
La ponction a été un soulagement, il était temps de libérer mes ovaires de toute cette hyper-production. J’étais crevée, à l’ouest complet, le ventre me tirait, j’en avait marre des echos/prise de sang tous les 2 jours. J’y ai donc été le cœur léger, sans appréhensions. Et puis, il a fallu me déshabiller. Pour celles qui ne l’auraient pas compris, je suis infirmière, et passer de ” l’autre côté “ , ce n’est vraiment pas facile. Se retrouver quasi nue dans son lit, sans sa culotte, un bracelet au poignet, puis se faire trimballer sur un brancard par un brancardier loin d’être causant, laisser comme un paquet en salle de réveil, c’est difficile. Mais instructif… Je me suis rendu compte de pleins de petites choses que l’on fait (ou non) chaque jours sans s’en rendre compte et l’impacte que ça peut avoir sur le patient.
Par contre le personnel a été très agréable ( mis à part le brancardier..), à l’écoute, respectueux de la pudeur. Et heureusement! Je me suis retrouvée à attendre l’anesthésiste qui avait eu une panne de réveil une bonne quinzaine de minutes, installée sur la table et donc en position gynécologique… Heureusement couverte comme il se doit! Je n’avait qu’une hâte, qu’on m’endorme! Le shoote est bien agréable, c’est bien le souvenir que j’avais de mon unique intervention, les dents de sagesse. Au réveil, douleurs de règles, la douleur a été bien géré, même si, je crois, on ne peut pas la soulager complètement. Aujourd’hui, les douleurs sont plus que supportables, je sens que mon ventre revient à la normal.
Par rapport à l’hyperstimulation, j’ai bien pu en discuter avec le doc qui m’a bien dit qu’il m’avait déclencher car on rester dans une hyperstim raisonnable. Il m’a aussi parlé de la suite et la marche à suivre, ça me rassure de savoir quoi faire si il y a besoin.
En m’endormant, pour la première fois, j’ai pensé à l’aboutissement et le pourquoi du parcours. Depuis le début de la fiv, je rationnalise, je pense en injection, echo, taux, dosage, nombres d’ovocytes. Nous pensons bien à “si il y a grossesse” mais c’est lointain, j’étais loin d’y penser à chaque injection. Donc, en m’endormant, lorsque la tête tourne, que le reste devient cotonneux, je me suis dit “ détends toi, respire, laisse toi aller, tu vas vers lui, ce petit bébé qu’on désire tant”.
J’espère juste qu’il y aura deux “beaux embryons” sur les 12 et un pour nider en moi… Avec quelques esquimaux si possible…. Je suis loin d’avoir envie de refaire ça tous les jours, même si je connais la chance que j’ai d’avoir pu le faire!