Notre petit bonhomme de chemin pour concevoir ce qui devrait être si simple: un bébé. Mais aussi, un défouloir, une soupape, un endroit pour confier mes mots et mes maux.....
….. Et fait son œuvre. Nous apprenons à vivre avec cette douleur lancinante que lui+moi n’existera peut-être jamais. Pour lui, c’est très dur. Il a eu besoin de se replier sur lui pour accepter un peu mieux la nouvelle. Il a du mal à concevoir la paternité sans lien génétique. Sa réaction m’étonne. Je ne pensais pas qu’il serait si réfractaire à une autre forme de paternité, comme le don ou l’adoption. Il y a quelques années, nous avions abordé la question, il m’avait dit être prêt au don si il s’avéré stérile. Aujourd’hui, il ne l’envisage plus du tout de la même façon. Devant la réalité, il se demande si il se sentira père d’un enfant qui ne portera pas ses gènes. Il veut un petit lui, avec ses gènes de la calvitie précoce et sa prédisposition à être mince avec juste un peu d’estomac ( si, si malgré tout ça il est très beau…). On est entrain de “tuer” dans l’œuf ses fantasmes de mini-lui, qui le prolongerai. Il lui faut le temps de faire le deuil. Je l’accompagne du mieux que je peux, en tentant de taire mes angoisses, avec toute la patience dont je suis capable. Ma seule exigence, très claire, c’est que je ne pourrai vivre sans enfants. La vie nous demande à tous deux un deuil, lui de peut-être faire une croix sur un enfant biologique ( qui sait, la biopsie montrera peut-être quelques survivor…), moi de faire une croix sur cet enfant de nous, de plus créé sous une couette. Je crois que c’est la plus belle preuve d’amour que nous pourrions recevoir l’un de l’autre. Me voilà romantique maintenant…..!!!!!
Nous laissons donc le temps passer, doucement, pour apprivoiser cette tuile et même enclume, qui nous est tombé sur la tête. Nos amis, notre famille sont présents et ça, c’est important et ça fait du bien.
Merci à celles qui m’ont manifesté leur soutient, cette “parenthèse” blog fait du bien….